Drones et journalisme ne font toujours pas bon ménage

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Les drones auraient pourtant beaucoup à offrir au journalisme, si la réglementation était moins drastique. L’action de la chaine RTBF qui a souhaité filmer l’impact du piétonnier sur la mobilité à Bruxelles avec son drone, a été jugée « Illégale » par le SPF Mobilité et ce, malgré que la chaine a pris des précautions en expliquant : «  Nous n’avons par exemple pas survolé la circulation. Notre drone a uniquement pris des vues aériennes depuis les trottoirs  », soulignant le fait qu’elle avait obtenu l’autorisation de la ville.

La mairie avait donné son accord, mais pas la DGTA…

La Mairie de Bruxelles avait en effet donné son autorisation aux journalistes de survoler la ville avec certaines conditions qui ont été respectées. La RTBF expliquait : «  Nous avions l’autorisation de la Ville de Bruxelles qui l’avait assortie d’une série de conditions strictes comme l’interdiction de voler au-dessus de dix mètres d’altitude ou d’une masse compacte. Et nous avions aussi envoyé une demande à la DGTA. Mais nous n’avons pas eu de réponse. Compte tenu que nous disposions du feu vert de la Ville de Bruxelles, nous avons décidé de mener l’opération ».

La Direction générale du transport aérien (DGTA) s’était rendue sur place et a considéré les enregistrements comme des preuves de l’infraction, afin de pouvoir faire condamner la chaine à une amende. RTL et RTBF ont expliqué que ce n’est pas la première fois qu’elles ont recours à des drones, en déclarant : «  On reste toujours prudent lorsqu’on a recours à cette technique. On le fait par exemple pour certains de nos sujets magazine car cette technique nous permet de mettre en valeur le patrimoine. On va par exemple survoler un joli champ. On s’en sert aussi pour l’info. Dernièrement, par exemple, on a filmé un site qui venait d’être incendié  ».

Une réglementation qui pourrait s’assouplir

L’histoire se passe en Belgique, mais elle pourrait très bien se dérouler en France, qui est soumis aux mêmes exigences réglementaires très fermées concernant les survols de drones. Ces appareils sont pourtant des outils précieux dans le domaine du journalisme, car ils permettent d’offrir une nouvelle perspective d’un évènement (manifestations, accidents, incendies, manifestations sportives, événements culturels, catastrophes naturelles, etc.)

La situation pourrait cependant changer en Belgique, car la réglementation est sur le point d’évoluer. Un arrêté royal régissant l’utilisation de drone est en effet en préparation. Le texte, qui doit encore être examiné par la Commission européenne, prévoit que les journalistes pourront avoir recours aux drones, à condition d’obtenir une licence d’utilisation délivrée aux personnes ayant suivi une formation technique et théorique, et réussi un test médical spécifique. Les chaines de télévision espèrent donc pouvoir travailler enfin légalement avec des drones qui  fourniraient de meilleures images aux journalistes.

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