La livraison par drone ce n’est pas encore pour demain !

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L’administration américaine vient de prendre une très grande décision pour expérimenter la livraison par drone, en donnant l’autorisation à Google de tester ce nouveau moyen de transport.

On pourrait naturellement penser après cette nouvelle incursion d’un géant dans le secteur des drones que la démocratisation de la livraison par drone se rapproche à grands pas, pourtant ce n’est pas si simple et de nombreux obstacles techniques et réglementaires sont encore à franchir.

Google obtient l’autorisation d’expérimenter la livraison par drone de la FAA

La Federal Aviation Administration (FAA) et Google vont travailler ensemble sur la livraison par drone, mais de nombreuses questions restent en suspens. Google souhaite probablement limiter l’avance qu’a pris Amazon en lançant lui aussi des expérimentations pour la livraison par drone, mais en Angleterre dans ce second cas.

Toutefois, pour de nombreux acteurs du marché, la livraison par drone ne sera pas effective avant un certain nombre d’années, car la législation n’est pas du tout adaptée à ce genre d’activités. Comme le souligne Guillaume Thibault, avocat associé au cabinet Oliver Wyman : « Leurs projets soulèvent les questions du partage de l’espace aérien. Une fois résolue, la législation s’adaptera », ajoutant : « En France, elle ne repose que sur des arrêtés et la réglementation européenne n’est pas encore établie. Le droit peut changer très vite. ».

La livraison par drone ce n’est pas encore pour demain

Toutefois, en dehors de l’aspect réglementaire, la partie technique est également largement défaillante pour espérer voir des drones autonomes livrer des colis dans nos villes. Olivier Deneuvis, exploitant de drones civils et gérant du blog Aerofilms.fr a expliqué : « Les opérateurs sont aujourd’hui incapables de produire des drones autonomes, capables d’éviter les obstacles. Contourner un arbre, c’est facile, Par contre, c’est plus problématique pour un câble électrique, difficile à repérer », précisant : « Sans parler de la nécessité d’interaction entre les drones eux-mêmes, si on les autorise à grande échelle ».

Aux problèmes techniques et législatifs, s’ajoutent également les nouveaux dangers que peuvent amener les drones, qui seront un très gros frein au développement de cette activité, dans un contexte international particulier. En effet, l’explosion des piratages et des escroqueries devraient pousser les autorités à être très méfiantes vis-à-vis des drones, d’autant que le premier drone hacker a vu le jour. De plus, les nombreuses menaces terroristes dans le monde vont inciter les autorités à faire preuve de prudence vis-à-vis des autorisations qu’elles délivreront à l’avenir.

Même si les géants du web semblent faire grand bruit au moment d’évoquer les autorisations délivrées par les gouvernements pour expérimenter leurs technologies, il s’agit pour l’instant de stratégie marketing et non d’une ouverture. Il faudra encore attendre plusieurs années avant de réellement pouvoir imaginer un monde où les drones nous livreront des colis.

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