Le personnel d’une prison a découvert un drone dans l’enceinte de l’établissement

0

Un drone à moitié brûlé a été découvert dans une prison française. Il s’agirait d’un nouveau moyen de livrer des produits interdits aux détenus. Cette découverte ravive le débat sur les dangers que peuvent représenter les drones dans certains cas.

Les prisons françaises doivent affronter chaque jour l’intrusion de produits illicites, c’est pourquoi on retrouve régulièrement dans la presse des récits de détenus ayant eu accès à des produits non autorisés, voire parfois via des vidéos prises par le téléphone d’un détenu et postée sur le web. Pour la première fois en France, un drone a été découvert au sein même d’une prison et aurait pu servir à réaliser des livraisons.

A l’avenir, les drones pourraient bien devenir l’outil préféré des contrebandiers en milieu carcéral, car ils sont rapides, précis et il n’est plus nécessaire de s’approcher des murs d’enceintes pour jeter les paquets, ce qui réduit considérablement le risque d’arrestation.

Le drone est devenu un nouveau moyen d’introduire des objets illégalement en prison

Le procureur de la République a précisé à l’AFP que le drone a été découvert le 17 mars dernier dans les murs du centre pénitentiaire de Villefranche-sur-Saône, dans les environs de Lyon. Pour le personnel de la prison qui doit déjà faire face à des nombreuses introductions de colis, le risque est grand, l’appareil a pu servir à délivrer de la drogue ou des armes aux détenus. Dominique Verrière, le secrétaire régional du syndicat pénitentiaire UFAP a indiqué que le drone a été trouvé en partie calciné.

Pour lui, les drones sont une nouvelle manière de passer les murs de la maison d’arrêt pour fournir les détenus avec des produits interdits. Les échanges avec le monde extérieur, indique-t-il, se font généralement par les parloirs ou en jetant les colis depuis l’extérieur. Il n’y aurait donc pas de réelle nécessité à utiliser des drones, il s’agit seulement d’une suite logique à ce qui se fait déjà autrement. Ces trafics sont pour le secrétaire du syndicat « un véritable fléau ».

Les drones sont devenus un risque réel dans la sécurité des prisons

Cependant, la raison de la présence du drone pourrait bien être plus inquiétante. Le responsable syndical a évoqué d’autres possibilités comme un repérage à travers la caméra de l’engin ou bien un essai présageant un plus grand trafic de drones ou encore la livraison d’armes ou d’explosif. Il pourrait également s’agir d’une simple perte de contrôle par un pilote, lors d’un simple survol des lieux. Il a ajouté qu’il n’existait pas de solution contre les drones et que les filins de sécurité du centre pénitentiaire étaient inefficaces contre ce type de machines.

Ce n’est pas la première fois que des survols de prisons sont constatés en France ou ailleurs en Europe et dans le monde. Par ailleurs, deux téléphones avaient été délivrés par un drone en janvier dernier dans un pénitencier d’Annœullin dans le Nord. Pourtant, tout comme les aéroports, les prisons sont interdites au survol. Le pilote risque gros en cas d’arrestation, survoler une prison avec un drone est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende. Une enquête préliminaire a été ouverte et confiée à la brigade de sûreté urbaine de la ville.

Share.