Les drones de Safeflight Copters : la sécurité comme première priorité

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Quand on parle de drones, l’une des premières préoccupations concerne la sécurité : sécurité des personnes, des biens, et en dernier lieu sécurité du drone lui-même. Car même si un crash se déroule en un lieu désert et ne fait aucune victime, voir une machine de plusieurs centaines ou milliers d’euros s’abîmer au sol n’est jamais un spectacle très réjouissant pour son propriétaire.

Depuis que je m’intéresse au sujet, j’ai une conviction : les constructeurs actuels ne travaillent pas assez sur la sécurité de leurs machines. C’est pourtant un sujet majeur, dont la prise en compte pourrait éviter bien des déboires, et même permettre un assouplissement des diverses législations dans ce domaine. Car on sait qu’une grande partie des règles contraignantes édictées par les réglementations relatives au vol de drones sont liées à la sécurité, notamment en cas de perte de contrôle (dérive latérale transformant le drone en faucheuse folle) ou de chute verticale.

Repenser la protection des ces « scies volantes »

Or, voir des machines puissantes, équipées de 8 à 10 rotors en bois ou en carbone aiguisés comme des lames, qui sont autant de tronçonneuses potentielles ou de hachoirs à steak tartare, et pesant plusieurs kilos, évoluer non loin d’êtres vivants (j’inclus les animaux) est aujourd’hui une norme acceptée. Je pense pourtant que dans quelques années, les drones actuels nous paraitront aussi aberrants que l’étaient les voitures des années 60 sans ceintures de sécurité, sans ABS, sans airbags et sans structure de protection. Pire, laisser voler des drones avec des rotors non protégés, c’est peu comme travailler avec une scie sauteuse dont la lame serait entièrement à l’air libre, sans carénage.

Il est fort à parier que le législateur va aussi se pencher sur ces questions pour compléter l’arsenal réglementaire : les règles publiées par la DGAC concernent actuellement principalement le comportement du pilote d’une part, et la sécurité active d’autre part, autrement dit les normes qui évitent l’accident. Comme dans l’automobile, il serait temps de se pencher aussi sur la sécurité passive, à savoir les normes qui minimisent les conséquences d’un accident si celui-ci n’a pu être évité. Et donc de penser aux « airbags » des drones.

Des « airbags » de drones

Un « airbag » de drone c’est quoi ? Tout simplement un dispositif qui protège intégralement les rotors, ou plutôt qui protège les personnes d’un contact avec les rotors (y compris le pilote). Il s’agit donc de concevoir un carénage intégral et réellement efficace empêchant tout contact des hélices avec un élément extérieur.

C’est ce que propose Safeflight Copters, une société californienne basée à Sacramento avec son premier modèle, le SFC4410-1 Quad H Airframe, un châssis de drone comprenant un carénage intégral des hélices, qui inclut la carène extérieure mais également un filet de protection rigide assurant une sécurité absolue en cas de contact. Autre avantage du dispositif, le quad peut également entre en contact avec un mur ou un sol irrégulier sans que ce contact lui soit fatal et se solde par un crash avec plusieurs rotors brisés. Une tendance déjà initiée par un autre constructeur, allemand celui-ci, mais dont le drone Aibot X6 vise un marché professionnel, avec un tarif bien plus élevé.

Bien sûr, quelques autres fabricants proposent une carène en option. C’est ce cas de Parrot avec l’AR.Drone, qui est livré d’origine avec son fameux cadre en forme de cerceaux amovibles, mais également de DJI avec le Phantom, ou encore de Hubsan avec le X4. Mais ce ne sont que des protections incomplètes qui visent surtout… à protéger le drone des chocs latéraux.

Il ne serait pas étonnant que le type de châssis proposé par Safeflight Copters se généralise à l’avenir, en complément d’un travail d’optimisation dans l’intégration des différents éléments du drone (caméra, nacelle) afin que nos engins préférés ressemblent davantage à des machines high-tech qu’aux usines à gaz actuelles en forme d’araignées géantes.

Un peu de design ne ferait pas de mal, et ce sont finalement peut-être les impératifs de sécurité qui pousseront les constructeurs à passer un peu plus de temps sur la planche à dessin.

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  • Paul Delor

    Equipé depuis peu,le concept est très innovant et très sécurisant, néanmoins il ne faut pas oublier les règles de sécurité traditionnelles dont vous n’êtes pas dispensé malgré le châssis à hélices captives.