Vers l’émergence de drones armés en France ?

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Dans un rapport disponible sur le site internet du Sénat, deux parlementaires conseillent à la France de se munir de drones armés. Si cette proposition suscite des polémiques, le développement du drone européen MALE est pourtant envisageable. Mais à court  terme, ce sont les drones Reaper qui seraient améliorés.

Des drones armés pour plus d’efficacité

Pour les sénateurs Cédric Perrin et Gilbert Roger, le fait de posséder des drones armés paraît cohérent, au vu de l’intérêt de ces machines, particulièrement endurantes et dont le coût apparaît restreint. De même, cela viendrait pallier des défaillances en matière de drones de surveillance.

Les deux sénateurs justifient leur proposition au regard du développement de l’utilisation des drones armés dans plusieurs pays, comme aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Pour ces deux parlementaires, il faut donc ouvrir ce débat, sachant que « dans notre pays, la décision a été prise, de manière implicite, de ne pas armer les drones ». Ils réclament l’application d’une réglementation stricte, le perfectionnement des Reaper et le développement potentiel du drone européen MALE à moyen terme.

Pourtant, cette proposition suscite la polémique. Ainsi, c’est la possibilité que les drones passent aux mains de l’ennemi qui est critiqué, mais aussi la perte de maîtrise de l’homme sur ces machines. De même, les opposants aux drones, dont l’ONG Human Rights Watch, considèrent que ces drones « déshumanisent » la guerre, avec des assassinats ciblés, condamnables éthiquement et juridiquement.

Mais les sénateurs estiment pourtant « qu’armer certains drones rendrait les forces françaises plus réactives et plus efficaces et permettrait d’optimiser l’emploi de l’aviation de combat ».

De même, les auteurs du rapport soulignent que « les drones armés ne diffèrent pas, aux yeux du droit international, des autres systèmes d’armes » et ajoutent que les drones pourraient permettre un meilleur respect du droit international humanitaire (DIH), notamment pour détecter « l’absence de risque de dommage collatéral ».

En attendant le développement potentiel du drone armé européen MALE, la France pourrait être amenée à  améliorer ses drones Reaper.

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